La semaine dernière, annonce d'une grève générale (et soutenue) dans les ateliers.
De prime abord, étant donné le nombre de pannes que subit le matériel roulant, qu'il y ait des ateliers à la SNCB peut paraître stupéfiant. Motrices avariées, portes automatiques bloquées, chauffage ou climatisation déréglés : bof.
Le jour de la grève se lève sur les premières gelées (c'était un jeudi, une espèce de sale jour coincé entre le mercredi et le vendredi - les navetteurs en 4/5ème comprendront). Tout semble pourtant se dérouler normalement. Faute d'accéder à une gare chauffée, les navetteurs dansent d'un pied sur l'autre sur les quais gelés (comme chaque jour), à l'heure prévue le train prévu n'est pas là (comme chaque jour), les hauts-parleurs tardent à annoncer un quelconque retard (comme chaque jour).
Et puis voilà, une voix féminine claque dans le silence matinal: le train aura du retard. D'abord 5 minutes. Puis 10. Puis 20. Puis... Au fil des minutes, tout espoir s'est envolé. Le navetteur est un animal essentiellement spirituel - donc bourré d'espoir - mais tout de même...
Quarante minutes à jouer au pauvre fish stick sur un quai de gare, ça laisse des traces.
Voyez-vous, la glaciation vient des pieds. Elle remonte, se fichant bien des trois gilets enfilés, de l'écharpe de laine, du bonnet. S'insinuant par les os, elle remonte, cherchant le coeur, les poumons, enserrant le foie et pressurant la cervelle. Elle congèle durement les testicules. Le navetteur est pris dans une gangue invisible mais ô combien douloureuse. Quand le train finit par arriver (le train suivant, et un peu en retard comme il se doit) on en viendrait à remercier tous les saints du paradis et à serrer sur notre coeur ce cher contrôleur.
Quarante minutes à jouer au pauvre fish stick sur un quai de gare, ça laisse des traces.
Voyez-vous, la glaciation vient des pieds. Elle remonte, se fichant bien des trois gilets enfilés, de l'écharpe de laine, du bonnet. S'insinuant par les os, elle remonte, cherchant le coeur, les poumons, enserrant le foie et pressurant la cervelle. Elle congèle durement les testicules. Le navetteur est pris dans une gangue invisible mais ô combien douloureuse. Quand le train finit par arriver (le train suivant, et un peu en retard comme il se doit) on en viendrait à remercier tous les saints du paradis et à serrer sur notre coeur ce cher contrôleur.
Fin des frissons (jusqu'au lendemain).
Comment le retour se passera-t-il ? Les grévistes ont annoncé un durcissement de leurs actions à l'heure de pointe ! A 16h, retour à la gare du Midi. Grande panique inutile : aucun retard annoncé (ou si peu).
Retour à l'heure à la case départ. moment de grâce rare, mémorable - je débouche une bouteille de Loupiac 2006 après le souper.
Retour à l'heure en temps de grève... N'est-ce pas une preuve suffisante pour prétendre que les ateliers n'existent pas ?
Retour à l'heure en temps de grève... N'est-ce pas une preuve suffisante pour prétendre que les ateliers n'existent pas ?
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